La fédération du Mali

Des indépendances au rêve d’unité Africaine

Le moment des indépendances, à la fin des années 50, est aussi les moments des conceptions politiques nouvelles qui doivent mener les entités Africaines récemment constitués à prendre leur destin en main. Pour certains leaders politiques, la grande frayeur est de voir l’Afrique s’émietter en Etats- Nations imparfait. Pour faire face à ce problème d’importance, quatre pays d’Afrique francophone vont réagir en tentant l‘aventure du fédéralisme. Le Soudan, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey vont se réunir, les 29 et 30 décembre 1958, autour Modibo Keita, pour jeter les bases de ce que l’on appellera « la fédération du Mali ». Outre Modibo Keita, qui rêve d’unité Africaine, Léopold Sédar Senghor, se fera promoteur de cette ambitieuse structure.

Une fédération controversée

Le 17 janvier 1959, à Dakar, les quatre délégations se mettent d’accord sur un projet de constitution. Mais très vite le Dahomey et la Haute-Volta vont se retirer de cette fédération embryonnaire sous la pression de la France et du président ivoirien, Félix Houphouet Boigny. La fédération se réduit alors à un tête à tête entre le Sénégal et le Soudan français. Le 4 avril 1959 l’Assemblée fédérale va élire son président (de l’assemblée), Léopold Sédar Senghor, et un chef de gouvernement, Modibo Keita. Le gouvernement fédéral comprendra alors, 8 membres principaux : 4 sénégalais et 4 Soudanais.
La fédération fera long feu, et sera dissoute à quelques mois plus tard, dans la nuit du 19 au 20 août 1960.

Une rupture à l’ombre de l’ancien colonisateur

Les raisons de l’éclatement de la fédération sont multiples. Sans réduire cette issue à un conflit de personnes on peut quand même insister sur les différences idéologiques fondamentales entre Léopold Sédar Senghor, imprégné de culture politique française, rompu aux mécanismes de la quatrième république et ouvert envers la culture occidentale et Modibo Keita, syndicaliste expérimenté voulant redonner toute sa valeur à la personnalité africaine.
Dès lors, les désaccords factuels vont se multipliés : fédéralisme souple ou unité africaine, amitié ou inimitié vis-à-vis de la France, calendrier pour une unité monétaire ou encore élections présidentiels.

VIDEO

Interview de M. Modibo Keita

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