La République du Tchad

Le 11 août 1960, le Tchad accéda à l’indépendance sous la présidence du dirigeant du Parti progressiste tchadien, le PPT, M. François Tombalbaye. Celui-ci reconduisit le français comme langue officielle. Mais l’indépendance raviva la rivalité séculaire entre le Sud dominé jusqu’à la colonisation française, et le Nord (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), une région où l’administration militaire n’avait jamais cessé de s’exercer durant toute l’époque coloniale. Les seuls Tchadiens à avoir pu (et voulu) profiter de l’enseignement français et occuper des postes de responsabilité avaient été les chrétiens francophiles du Sud. C’est une situation que les musulmans du Nord, plus arabisés, avaient jugée injuste et inadmissible. D’ailleurs, aussitôt après l’indépendance, l’ethnie des Sara, à majorité chrétienne, confirma son emprise sur l’administration et l’armée. Au nord, les Goranes ou Daza, des musulmans hostiles aux Libyens, formèrent l’essentiel de l’administration française au Tibesti.

Le président François Tombalbaye poursuivit une politique favorable aux populations chrétiennes et animistes du Sud contre les nordistes de confession musulmane. En pratiquant une politique de marginalisation des populations nordistes, le président Tombalbaye suscita des rébellions. En 1963, Tombalbaye réprima durement la révolte des musulmans du Nord, principales victimes de sa politique, puis les troubles dégénérèrent en quasi-guerre civile à partir de 1965. L’armée française intervint en avril 1969 contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le nouveau dirigeant, le colonel Kadhafi, apportait son appui logistique au Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT) et revendiquait des droits sur la bande d’Aozou. En 1973, la Libye annexa la bande d’Aozou. Un coup d’État en 1975 libéra le Tchad du dictateur assassiné et sonna la fin des « sudistes » au pouvoir, totalement évincés en 1979.

Le général Félix Malloum, qui succéda à la tête de l’État, renforça la dictature de François Tombalbaye. Les rebelles nordistes lancèrent une nouvelle offensive en 1977. L’année suivante, l’arabe devint la langue co-officielle avec le français ; depuis, le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène politique nationale et, occulté ou écarté volontairement, assimilé par certains à l’expansion de la langue arabe et sujet à controverses, la question de l’islam n’a jamais été l’objet d’un échange serein au Tchad.

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La république du Tchad avant le voyage de Tombalbaye à Paris

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