Revue de presse
<< Retour à la uneFrance - Afrique : Hollande et nous, ce que l’Afrique attend du nouveau président
http://www.jeuneafrique.com - 14/05/12
Le nouveau président français connaît très mal le continent et en a très peu parlé durant la campagne électorale. Quelle politique africaine va-t-il mener ? Quel sera son style ? Dans sa dernière édition, en kiosque du 13 au 19 mai, Jeune Afrique a mené l’enquête.
Du continent africain, le nouveau président ne connait guère que le Maghreb, particulièrement l’Algérie et … la Somalie, visitée en 1978 dans le cadre d’un stage de futur énarque. C’est dire s’il aborde sa politique africaine – tout le monde en a une – avec une fraîcheur bienvenue et une large liberté de choix : rien ne lui lie les mains, ni l’héritage, ni ces fils à la patte que sont les mallettes de la République, encore moins les amitiés encombrantes. Il est le premier des chefs d’État de la Vè République à accéder au pouvoir avec une telle virginité. Pour lui, l’Afrique est largement terra incognita.
Sans doute est-ce à Alger qu’il effectuera sa première visite bilatérale hors d’Europe, tant la décrispation des relations entre les deux pays semble lui tenir à cœur en cette année du cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne. Puis, très vite, viendra le temps de poser cet « acte fondamental » que François Hollande annonçait dans Jeune Afrique en août 2011, « pour que nous puissions avoir des principes établis entre le nouveau président de la République française et les chefs d’États africains ». « J’en terminerai avec ces rapports de domination, d’influence et d’affairisme », avait-il ajouté. La mort de la Françafrique est donc au programme. Pour le reste, la crise au Sahel, une réorientation de la politique de développement, une reconsidération des questions migratoires et la normalisation des relations avec le Rwanda font partie des principaux dossiers sur lesquels Hollande, et son équipe, sera jugé.
Selon les dernières indiscrétions, Pierre Moscovici, directeur de campagne de l’ex-candidat, et Laurent Fabius, ancien Premier ministre, s’affrontent pour le ministère des Affaires étrangères. Paul-Jean Ortiz, actuel directeur Asie au Quai d’Orsay, sera le conseiller diplomatique à l’Élysée où la cellule africaine est appelée à disparaître. Autre signe de « rupture » : le ministère délégué à la Coopération pourrait devenir celui du Développement ou du Partenariat international. Kader Arif, qui a animé le pôle coopération durant la campagne, le sénateur communiste Robert Hue et la députée de Guyane, Christiane Taubira, sont régulièrement cités pour obtenir le maroquin. « Qu’on en finisse avec le ministère de la Coopération, ses nostalgies colonialistes attardées, ses pesanteurs rampantes de néocolonialisme, ses réseaux honteux de la Françafrique », espère l’historien congolais Elikia M’Bokolo dans une tribune. « Devenons partenaires ! », ajoute Lionel Zinsou, le président franco-béninois du fonds d’investissement PAI Partners
Dans les capitales africaines, on se prépare. Les messages de félicitations sont arrivés à Paris. Mais face à l’énigme Hollande, les espoirs sont mesurés et les craintes raisonnées. Avec le nouveau locataire de l’Élysée, il n’y aura ni discours de La Baule ni discours de Dakar. Un président "normal" pour des "relations normales", espère Mamadou Diouf, professeur d’histoire sénégalais à l’Université Columbia de New York. Si rupture il doit y avoir entre les politiques africaines de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, elle sera d’abord une affaire de style.
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