22 octobre 2014

Bande de Filles

Date de sortie : 22 octobre 2014 (1h52min)
Réalisé par Céline Sciamma
Avec Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh, Mariétou Touré, Idrissa Diabaté
Genre : Drame
Nationalité : Français

Projeté en ouverture à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes, le nouveau film de Céline Sciamma (Tomboy)est déjà présenté comme le film de banlieue du moment. Pas si surprenant. À quand remonte la dernière fois où l’on a vu quatre filles noires à l’affiche d’un film français en salles ? D’où notre enthousiaste à foncer dans les salles obscures pour voir ce film au casting 100% noir comme le dit la réalisatrice elle-même. Mais surtout de trouver une réponse à cette question qui pend sur toutes les lèvres : Est-on enfin parvenu à sortir du cliché ?

Marième (Karidja Touré) vit avec sa mère et ses deux petites sœurs, dont elle doit prendre soin car sa mère travaille toute la nuit comme ménagère dans des bureaux. Il y a son frère aussi, seul homme de la maison, qui dans les rares moments où il est dans les parages, lève la main sur elle. Mauvaise élève, Marième va renoncer à l’école pour intégrer une bande de nana menée par Lady(Assa Sylla) avec qui elle va faires ses fameux 400 coups. Elle ne se fera plus appeler Marième mais « Vic ».

Céline Sciamma (aussi scénariste), ramène de nouveau sa caméra en banlieue parisienne pour développer le thème l’adolescence qu’on lui connaît bien, en particulier celle vécue par les filles, notamment grâce à Tomboy (2011) et Naissance des Pieuvres (2007), son tout premier long métrage. Dans Bande de Filles, l’héroïne passe par tellement de phase que l’on a du mal à compatir. Outre son idylle interdite avec son petit copain, interprété par Idrissa Diabaté (La Cité Rose), Marième devient la bagarreuse la plus redoutable de la cité. Elle ira jusqu’à menacer une collègue de sa mère qui lui propose un job, avant d’être une dealeuse hors pair. Peut-on résumer l’adolescence d’une jeune fille noire de banlieue ainsi ? Bruit, bagarres, rackets, chants, danses, et bruit encore ? On est loin du documentaire Les Roses Noires d’Hélène Milano sur des jeunes adolescentes vivant en banlieue.

Face à un scénario tous azimuts, les jeunes comédiennes, pourtant pleine d’énergie, n’ont eu d’autre choix que d’en donner (jouer) trop. Repérées à la foire du Trône ou aux Quatre temps de la Défense repérées, elles apparaissaient pour la première devant une caméra. Une caméra qui a porté le fantasme (exotique ?) de l’auteur à l’écran.

À quand un film français avec quatre filles noires en tête d’affiche, certes, mais dans des rôles tout simplement ordinaires ?

À vos écrans ?

Djia Mambu

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