Tribune : Pour une Afrique, main dans la main avec l’Unesco, sur le chemin d’une paix durable

Par Salah Eddine, le 30 juin 2017

Pour une Afrique, main dans la main avec l’Unesco, sur le chemin d’une paix durable
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Parmi les desseins essentiels de l’Unesco, une attention particulière doit être accordée au soutien de l’Afrique. Le continent est une priorité pour l’Unesco et son organisation, ses missions, sa mobilisation, ses partenaires. Celle-ci a notamment identifié « la construction de la paix en Afrique par l’édification de sociétés inclusives, pacifiques et résilientes » comme une chance et comme un modèle de paix original. Aujourd’hui, ce modèle est un sujet clé qui mérite que l’on s’y arrête pour comprendre en quoi sa pratique est un exemple à imiter pour le reste du monde.

Les efforts menés par le continent Africain, bénéficiant par ailleurs du soutien de la communauté internationale, dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits portent leurs fruits et l’Afrique est davantage pacifiée aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a encore une dizaine d’années. Le processus est enclenché, mais il reste du chemin à parcourir et l’Afrique a besoin que la communauté internationale continue de se mobiliser en sa faveur, sans faillir.
Je pense singulièrement pour cela que les efforts de l’Unesco devront s’aligner à l’avenir sur la propre stratégie et sur l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

L’Union Africaine a permis la création de plusieurs institutions et de nombreux processus ayant pour objectif notamment la prévention des conflits armés en amont.

L’un des objectifs majeurs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine est d’obtenir un arrêt complet des combats armés d’ici à 2020 – c’est un objectif qui s’ajoute aux objectifs de prospérité basée sur l’éducation, la culture, le développement durable, d’unification politique autour du panafricanisme et d’une identité culturelle forte. A ce jour, il faut encore redoubler d’efforts pour faire entendre la voix de la paix sur le continent, car les conflits et les armes ressurgissent sans cesse. La distance à parcourir est encore longue et nécessite du courage et de la volonté de la part de toutes les parties prenantes.

J’ai eu l’occasion à maintes reprises déjà de dire à quel point je crois à la force du dialogue et de la culture pour éviter les conflits. Je suis particulièrement enthousiaste face à une initiative mise en place par le Conseil de la Paix et de la Sécurité de l’Union Africaine dans le cadre d’une campagne qui s’intitule « Faire la Paix » qui encourage tous les citoyens à contribuer à faire de la paix durable une réalité et à commémorer la Journée de la Paix, chaque année, le 21 septembre, journée internationale de non-violence et de cessez-le-feu.
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Son Excellence, M. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, a rappelé en mai dernier lors d’un discours prononcé au Parlement Européen, qu’il subsistait malheureusement de nombreux conflits meurtriers dont les principaux se situent à la Corne de l’Afrique, au Sahel, au Bassin du Lac Tchad et en Afrique Centrale. Cependant, il est resté confiant sur le futur. Rappelant également que la lutte contre le terrorisme, le djihadisme et la radicalité est au cœur de son engagement constant en faveur de la paix, et que l’Union Africaine y consacre des efforts inlassables et vigoureux.
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Aujourd’hui, on le voit l’extrémisme radical violent menace aussi la paix en Afrique. L’Azerbaïdjan croit en la force de l’éducation pour prévenir le fanatisme. A cet égard, le rôle de l’UNESCO dans la prévention de l’extrémisme est essentiel. C’est pourquoi, mon pays a inlassablement investi dans les projets de l’UNESCO, sur l’éducation et plus particulièrement dans quatre pays Africains (Kenya, Tanzanie, Ouganda et Libéria). L’Azerbaïdjan s’est engagé fortement à la contribution au développement en Afrique. L’Agence de Développement International d’Azerbaïdjan (AIDA) a mis en œuvre des projets d’aide humanitaire et d’assistance au développement dans plusieurs pays africains. Dans le cadre du quatrième forum mondial sur le dialogue interculturel qui a eu lieu à Bakou en mai dernier, le gouvernement de l’Azerbaïdjan, a organisé une réunion de haut niveau avec la participation des premières dames d’Éthiopie, du Mali et du Rwanda. Cette réunion portait principalement sur l’importance de l’éducation des filles en faveur de « sociétés pacifiques et durables » et a conclu sur le lancement d’un appel humanitaire mondial à investir davantage dans l’éducation des filles. Ces exemples concrets démontrent s’il le faut un solide engagement de mon pays en faveur du développement de l’Afrique.

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Parce que l’Unesco est une institution résolument ancrée dans le camp de la paix et même dans celui de la Culture de la Paix. Et dans la perspective de ma candidature à la Direction générale de l’Unesco, je suis résolu à agir pour l’Afrique en mobilisant toute mon énergie, celle de tous les partenaires La culture de la paix doit être pensée comme un idéal qui relie les peuples et comme une richesse inestimable. Elle est le symbole de la diversité culturelle heureuse de l’ensemble des citoyens du monde. En Afrique, elle doit s’opposer face à la violence, imposer la défense des droits de l’Homme et entraîner les meilleures volontés pour créer l’Afrique forte, stable et pacifiée de demain.
A ce sujet, à l’instar de l’esprit de l’Unesco, le Général de Gaulle avait en son temps exprimé l’idée selon laquelle : « ce qu’il faut surtout pour la paix, c’est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c’est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas. »
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Polad Bülbüloğlu
Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire d’Azerbaïdjan en Russie
Ancien Ministre de la Culture de la République d’Azerbaïdjan
Ancien Vice-président de la Commission nationale de la République d’Azerbaïdjan pour l’UNESCO

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