13 novembre 2017

Zimbabwe : le chef de l’armée met en garde le parti de Mugabe après l’éviction du vice-président

L'ancien vice-président du Emmerson Mnangagwa, le 7 janvier 2017 à Harare ©AFP


Harare (AFP)

Le chef de l’armée zimbabwéenne a dénoncé lundi l’éviction du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa, et réclamé la "fin" de ce qu’il a qualifié de purge au sein du parti présidentiel Zanu-PF, prévenant que l’armée pourrait "intervenir".

M. Mnangagwa, longtemps pressenti comme un possible dauphin du président Robert Mugabe dont il est un de ses anciens fidèles, a été démis de ses fonctions de vice-président la semaine dernière, après un bras de fer avec la première dame, Grace Mugabe, qui se retrouve désormais en position idéale pour succéder à son époux âgé de 93 ans.

"La purge actuelle qui vise clairement les membres du parti (Zanu-PF) qui ont été engagés dans la guerre d’indépendance doit cesser immédiatement", a déclaré le général Constantino Chiwenga lors d’une conférence de presse au quartier général de l’armée.

Environ 90 hauts responsables de l’armée y ont assisté.

"Nous devons rappeler à ceux derrière ces dangereuses manigances que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera à intervenir", a-t-il martelé.

Cette déclaration particulièrement forte et rare du chef de l’armée intervient alors qu’Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a fui le Zimbabwe pour l’Afrique du Sud, selon ses proches.

M. Mnangagwa, qui a reçu le soutien des anciens combattants de la guerre d’indépendance au Zimbabwe, entretient des liens étroits avec les militaires.

Après son éviction, il avait promis de défier Robert et Grace Mugabe, les accusant de se prendre pour des "demi-dieux".Il a assuré qu’il "reviendrait au Zimbabwe pour diriger" la Zanu-PF, qui n’est pas "la propriété personnelle" des Mugabe.

La réponse du régime ne s’est pas fait attendre : quelques heures plus tard, il a été exclu du parti, qui tient son congrès en décembre.A cette occasion, Grace Mugabe, une figure très controversée, pourrait être nommée à un des deux postes de vice-président qui est désormais vacant.

Robert Mugabe contrôle d’une poigne de fer le Zimbabwe depuis près de quatre décennies, mais l’éviction d’Emmerson Mnangagwa pourrait avoir des répercussions incontrôlables à l’approche des élections générales de 2018.

M. Mugabe a déjà été investi par la Zanu-PF en dépit de son grand âge et sa santé fragile.Il est aujourd’hui le plus vieux dirigeant au monde.

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